Le 20ème mineur vient de mourir des suites de l'accident survenu dans la mine Wujek-Slask le 18 septembre dernier en Silésie. Le bilan s'alourdira peut-être encore...
Chaque année environ 3 000 accidents se produisent dans les mines polonaises, entraînant la disparition de plusieurs dizaines de mineurs, brisant des dizaines et des dizaines de familles. Et à chaque accident mortel c’est la même chose, on s’apitoie sur le sort des familles, on fait un bilan de la situation, on repproche aux sociétés minières de ne pas être bien équipées, d’être dangeureuses pour leurs propres hommes, on promet d’aider les familles des victimes, les survivants, et puis on arrête d’en parler… jusqu’au prochain accident mortel.
« Ce n’est pas le métane qui va à l’homme, c’est l’homme qui va au métane » me disait un professionnel de la sécurité du travail récemment, commentant l’accident de la mine Wujek-Slask. Les équipements appropriés existent pour protéger les hommes. Mais alors à qui la faute ? Pourquoi l’histoire se répète-t-elle d’année en année, pour ne pas dire de mois en mois ?
Aujourd’hui le débat se disperse. Les secours sont-il arrivés trop tard à Ruda Slaska ? Y-a-t-il eu falsification des contôles des machines assurant la sécurité des mineurs ? Faut-il privatiser les mines ? Le Président Kaczynski est contre car le charbon assure l’indépendance énergétique de la Pologne. D’autres disent qu’au contraire, les privatisations sont la solution à plus de sécurité et plus de rentabilité. D’autres enfin réclament la fermeture des mines tout simplement pour mettre fin aux tragédies, malgré les 100 000 personnes qu’elles emploient, argant qu’il y a quelques dizaines d’années les mines employaient 400 000 personnes et que le chômage n’a pas augmenté pour autant.
Au beau milieu d’une société que l’on veut toujours plus sûre, aux conditions de travail toujours plus encadrées, plus réglementées, plus normées, aux moyens techniques et technologiques toujours plus poussés pour protéger les hommes et les femmes dans leur quotidien, j’avoue que quand j’ai vu les images de l’accident de Wujek-Slask, je me suis sentie comme replongée dans l’univers de Germinal !
Est-il encore tolérable au XXIè siècle, à l’ère des centrales nucléaires, que des hommes descendent à des centaines de mètres sous terre toute leur vie, s’usent prématurément en risquant leur vie chaque jour pour extraire du charbon ? Tant de vie sacrifiées pour une énergie polluante que l’on sait condamnée…
