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Le 12 janvier dernier, le Comité intergouvernemental d’aviation (MAK) rend son rapport sur les circonstances de la catastrophe de Smolensk. 210 pages* accablantes pour la Pologne qui, évidemment, n’arrangent pas les relations polono-russes mais qui en plus déclenchent une guerre polono-polonaise. D’un côté, il y a ceux qui fustigent le rapport, le comité, les autorités et tout ce qui porte un nom russe. Et de l’autre, ceux qui, à l’instar des autorités polonaises font preuve d’un certain sang froid malgré toute l’émotion qui entoure cette affaire depuis 9 mois, cherchent à apaiser les tensions, arrondir les angles et trouver “une vérité commune” avec Russes.
Chargé d’un pathos remontant à des siècles de relations conflictuelles, les relations polono-russes modernes n’étaient déjà pas simples depuis une vingtaine d’années. “Smolensk” ne vient pas faciliter la tâche aux autorités de part et d’autre.
Juste au moment où les relations polono-russes commençaient à se détendre un peu, la catastrophe est venue, avec toute la tragédie personnelle des familles des victimes et nationale dont on a été témoins, jeter un pavet dans la grande marre entre Varsovie et Moscou.
C’est à se demander si cette catastrophe ne vient pas, comme un coup du sort, imposer aux deux frères ennemis un nouvelle épreuve sur leur chemin vers la réconciliation.
Quand bien même la Pologne et la Russie parviendraient à trouver la “vérité commune” chère à Donald Tusk, on imagine les questions qui resteront en suspens, sans réponse. Toutes ces incertitudes qui nourriront les versions des uns, anti-russes, et celles des autres voulant croire en un réchauffement dans les relations entre Varsovie et Moscou.
Avec le regard d’aujourd’hui et les émotions qui meuvent encore les Polonais – et qui ne sont pas prêtes de s’éteindre -, il est sans doute difficile d’accepter de laisser des questions sans réponse, de laisser le nom de personnalités souillés par des hypothèses accablantes. L’Histoire n’est jamais simple. Les relations polono-russes sont bien compliquées.
Evidemment l’issue de l’enquête est cruciale. Mais, au fond l’important n’était pas tant la vérité elle-même que le chemin que Tusk, Poutine, Medvedev et Komorowski vont faire ensemble pour tenter d’y parvenir ?
*le rapport comporte 210 pages en langue russe, 184 en anglais. Disponible sur : http://wiadomosci.gazeta.pl/Wiadomosci/1,80708,8936623,Dokumenty_MAK_w_sprawie_katastrofy_Tu_154__PELNE_WERSJE_.html